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Tunisie

Comptant parmi les états arabes pionniers à avoir publié des journaux au 19e siècle, la Tunisie, à l'instar de l'Egypte et du Liban, a également été l'un des premiers pays à favoriser le développement d’une presse dynamique et indépendante au 20e siècle. Ce simple rappel historique contraste avec l’alarmante situation de la liberté de la presse dans le pays.

Le gouvernement exerce un monopole sur toutes les chaînes de télévision et de radio, tandis que le Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), en collaboration avec le parti au pouvoir, contrôle les journaux distribués à l’échelle nationale, notamment Sahafa, Al Hurriya, Le Renouveau et La Presse, le principal quotidien francophone. Cette situation vaut à la Tunisie la réputation d’être un pays comptant sept versions de la Pravda. Les multiples restrictions apportées à la liberté d’expression ont eu pour effet de voir Zine El Abidine Ben Ali, président de longue date et tout-puissant, épinglé à plusieurs reprises parmi les « 10 pires ennemis de la presse » établie par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), tandis qu’en 1997, l'Association mondiale des journaux (AMJ) a exclu l'Association tunisienne des journaux pour son inaction face à la détérioration de la situation de la presse.

Le gouvernement de Ben Ali exerce depuis longtemps une réelle persécution sur les journalistes : franc-parler et articles trop critiques peuvent leur valoir la perte de leur emploi et de leurs accréditations. En mars 2007, le journaliste Mohamed Fourati a été condamné par contumace à une peine de 14 mois de prison pour deux articles écrits en 2002, dont un avait été publié sur internet. Le tribunal a motivé sa décision en déclarant que cet article en ligne apportait la preuve de l'appartenance du journaliste "à un groupe d'opposition". L'autre article évoquait une collecte de fonds destinés à la famille d'un prisonnier politique.

Même les deux quotidiens privés en langue arabe As Sabah et Al Chourouk participent au culte de la personnalité du Président, et contestent très rarement le gouvernement sur des sujets politiques délicats. En fait, seuls deux journaux d’opposition s’en prennent véritablement au gouvernement : Al-Tariq Al Jadid (La nouvelle voie), mensuel du Mouvement Ettajdid (le Renouveau) et Al Mawkef (le Point de vue), hebdomadaire du Parti démocrate progressiste (PDP). De fait, le gouvernement a interdit aux médias la couverture des cas de corruption ou des atteintes aux droits de l’homme. De même, est bannie toute allusion au mouvement islamiste illégal An Nahda Al Islamiyya, mouvement dont l’importance est difficile à estimer en raison de l’importante vague de répression exercée à son encontre par les autorités tunisiennes tout au long des années 90. Ce contrôle absolu de la presse par l’état a pour conséquence la coexistence de deux types de journalisme en Tunisie : d’une part, des articles purement factuels sur les actions menées par le gouvernement et d’autre part, une profusion de nouvelles de type « presse à scandale », reprenant affaires criminelles, articles « style de vie » et potins divers.

Au niveau législatif, le gouvernement a fait quelques pas en faveur de l’amendement du Code de la presse, très restrictif, et a aboli certaines clauses sujettes à controverse. En 2005, il a entamé des démarches pour faire supprimer l’article « dépôt légal 10 », selon lequel les journaux doivent obtenir un récépissé du Ministre de l’intérieur avant de pouvoir imprimer. Néanmoins, et malgré les promesses répétées du gouvernement de faire adopter de nouveaux amendements, les journalistes risquent toujours des peines de prison pour délits de presse, les autorités estimant qu’elles doivent défendre les personnalités publiques contre un mauvais journalisme « à sensation » et sanctionner toute personne portant atteinte à la moralité publique. Les efforts de la Tunisie pour contrôler le flux d’informations ne se limitent pas à la presse nationale : en effet, les publications étrangères soupçonnées de dépeindre le pays sous un jour défavorable subissent elles aussi censure ou confiscation. Il y a peu, le gouvernement a décidé de s’attaquer à internet, en bloquant l’accès à de nombreux sites qui critiquaient les atteintes aux droits de l’homme dans le pays, notamment les sites d’Amnesty International et du Comité de protection des journalistes (CPJ).

La presse souffre également d’une diffusion limitée : le titre le plus vendeur, Al Shurouq, n’est distribué qu’à 45 000 exemplaires, tandis que La Presse en vend à peine 30 000. Et comme si l’étroitesse du marché ne constituait pas un handicap commercial suffisant, l’Etat, dans sa frénésie de contrôle, a mis en place une réglementation restrictive sur les autorisations de publication ainsi qu’un système au sein duquel le gouvernement recourt à la publicité des organismes publics – qui sont les principaux annonceurs – comme une forme de subvention, ce qui a une incidence certaine sur tout le secteur de la presse. En effet, la dépendance de la majorité des journaux vis-à-vis des ressources publicitaires accordées par le gouvernement constitue un véritable moyen de surveiller le contenu des publications.


Le saviez-vous ?

Le journal officiel Al Ra’id Al Tunisi (Le Précurseur tunisien), qui est l’un des plus anciens titres du monde arabe, a été fondé en 1860 par le dirigeant tunisien Sadeq Pasha et a été publié jusque dans les années 50.

 
Al Chourouk 

Langue : arabe
Créé en : non disponible
Périodicité : quotidien

Principal quotidien progouvernemental, Al Chourouk offre une couverture purement factuelle des activités du président Zine El Abidine Ben Ali et traduit fidèlement dans ses éditoriaux la ligne officielle du parti au pouvoir. Il dispose d'une rubrique spéciale consacrée à l'Afrique du nord, Al Maghreb.

Site web : http://www.alchourouk.com


 
Al Mawkif 

Langue :    arabe
Créé en : non disponible
Périodicité : hebdomadaire

Publié par le Parti démocrate progressiste, cet important hebdomadaire d'opposition est, parmi les publications autorisées, la principale victime du harcèlement des autorités. Il ne bénéficie d'aucune subvention et d'aucune ressource publicitaire publique. Dans ses pages, Al Mawkef évoque avec précision les cas d'atteintes aux droits de l'homme, notamment le traitement des prisonniers politiques et des « jeunes de Zarsis», un groupe de jeunes condamnés en 2004 pour avoir utilisé la toile afin de recueillir des informations sur des explosifs.

 
Al Tariq Al Jadid  

Langue : arabe
Créé en : non disponible
Périodicité : mensuelle

Journal officiel de l'ex-parti communiste, aujourd'hui rebaptisé mouvement social démocrate Harakat Ettajdid, (Le Renouveau), Al Tariq Al Jadid couvre les activités de l'opposition et publie des éditoriaux de qualité. Il fournit une bonne analyse de la situation politique en Tunisie, portant une attention particulière au développement de l'opposition islamiste armée ainsi qu'aux problèmes liés au chômage, à la jeunesse tunisienne et au fossé social séparant les plus riches des plus pauvres.

Site web : http://www.attariq.org

 
Assabah 

Langue : arabe
Créé en : non disponible
Périodicité : quotidien

Quotidien progouvernemental, As Sabah est un journal de type tabloïde dont les pages sont principalement consacrées à des informations non politiques et aux sports. Al Usbu'i, sa version hebdomadaire, offre une couverture plus sérieuse des événements politiques du pays.

Site web : http://www.assabah.com.tn

 
Essahafa 

Langue : arabe
Créé en : 1989
Périodicité : quotidien

Quotidien appartenant au gouvernement, Es Sahafa fournit à ses lecteurs une couverture systématique et panégyrique des réalisations et agissements du président Zine El Abidine Ben Ali.

Site web : http://www.essahafa.info.tn


 
La Presse 

Langue : français
Créé en : 1936
Périodicité : quotidien

Equivalent francophone du quotidien arabophone Es Sahafa, La Presse était autrefois un titre très prestigieux. Aujourd'hui, ses pages sont surtout consacrées à la description des grandes réalisations du président Zine El Abidine Ben Ali. Le journal affiche encore un certain niveau de professionnalisme dans la couverture des événements culturels.

Site web : http://www.lapresse.tn 


 
Le Quotidien 
Langue : français
Créé en : non disponible
Périodicité : quotidien

C'est le petit frère en langue française d'Al Chourouk, le quotidien progouvernemental arabophone. Outre la place considérable consacrée aux activités du président Zine El Abidine Ben Ali dans ses colonnes, Le Quotidien offre également dans ses pages une couverture importante des événements nationaux non liés à la politique.  Le Quotidien est doté d'un supplément spécial destiné aux jeunes, intitulé Jeunes au quotidien.

Site web : http://www.lequotidien-tn.com

 
Le Renouveau 

Langue : français
Créé en : 1978
Périodicité : quotidien

Le Renouveau est le journal officiel du Rassemblement Constitutionnel Démocratique, le parti au pouvoir. Ce titre consacre toutes ses pages à la couverture particulièrement non critique des activités, des discours et de la politique du tout puissant président Zine El Abidine Ben Ali et de son parti.

Site web : http://www.tunisieinfo.com/indexrenouveau.html


 
Mouwatinoun  
Langue : arabe
Créé en : 2006
Périodicité : hebdomadaire

Dernier titre dont la publication a été autorisée par des autorités tunisiennes particulièrement restrictives, Mouwatinoun (Citoyens) est l'organe de presse du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), un parti d'opposition légalement reconnu. Il s'agit de l'un des rares journaux d'opposition qui osent publier des opinions critiques et fournir une couverture détaillée des manifestations organisées par l'opposition. De telles publications sont tolérées car elles sont surtout lues par un groupe marginal d'intellectuels. L'hebdomadaire Mouwatinoun a toutefois déjà été suspendu pendant plusieurs semaines et subit régulièrement des campagnes de harcèlement de la part des autorités. Il est imprimé au format tabloïde.

Site web : http://www.fdtl.org